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Voiture d’occasion : les 8 vérifications à faire avant de signer

Une voiture d’occasion se juge en une heure, pas en cinq minutes. Avant de tendre un chèque, il y a huit choses à regarder. Aucune ne demande d’être mécanicien. Voici la liste que Yann suit pour chaque véhicule, dans l’ordre.

1. Les papiers, avant la voiture

Commencez par les documents. Si les papiers ne sont pas en règle, inutile de soulever le capot.

  • La carte grise doit être au nom du vendeur. Si ce n’est pas le cas, demandez pourquoi.
  • Le rapport Histovec est gratuit. Le vendeur le génère sur le site du ministère de l’Intérieur et vous envoie un lien. Vous y voyez le nombre de propriétaires, les sinistres graves déclarés et la situation administrative.
  • Le certificat de non-gage (certificat de situation administrative) doit dater de moins de 15 jours. Il prouve que la voiture n’est ni gagée, ni frappée d’opposition.

2. Le contrôle technique

Pour une voiture de plus de 4 ans, le vendeur doit fournir un contrôle technique de moins de 6 mois. Ne vous arrêtez pas au mot « favorable » : lisez le rapport en entier.

Une Renault Clio grise dans la baie d’un centre de contrôle technique à Lyon
Photo : Benoît Prieur — CC0, via Wikimedia Commons

Le rapport classe chaque défaut en trois niveaux :

  • Mineur : à surveiller, pas de contre-visite.
  • Majeur : contre-visite obligatoire dans les 2 mois.
  • Critique : la voiture doit être réparée avant de reprendre la route.

Une contre-visite en attente ? Demandez qu’elle soit faite avant la vente, ou négociez le prix des réparations. Et regardez les défauts mineurs : trois défauts « pneus » ou « freins » annoncent une facture proche.

3. Le kilométrage

Le compteur affiche un chiffre. Votre travail, c’est de vérifier qu’il raconte la même histoire que le reste.

Le combiné d’instruments d’une Skoda Fabia : compte-tours, compteur de vitesse et écran central
Photo : Alan from Crawley — CC BY 2.0, via Wikimedia Commons
  • Les anciens contrôles techniques notent le kilométrage à chaque passage. Les chiffres doivent toujours monter, à un rythme régulier.
  • Les factures d’entretien donnent d’autres repères, avec une date et un kilométrage.
  • L’usure de l’habitacle ne ment pas. Un volant lisse, un pommeau brillant et des pédales usées jusqu’au métal, sur une voiture à 60 000 km : méfiance.

4. Les pneus et les freins

Les pneus sont le premier poste de dépense après l’achat. Ils renseignent aussi sur l’état du train avant.

Une jauge de profondeur de pneu en métal, graduée en millimètres
Photo : Simon Speed — CC0, via Wikimedia Commons
  • La profondeur : le minimum légal est de 1,6 mm. Une jauge coûte quelques euros. Sans jauge, regardez les témoins d’usure dans les rainures.
  • L’usure régulière : un pneu usé d’un seul côté signale un défaut de parallélisme, voire un choc.
  • Les disques : passez le doigt sur le bord. Un rebord marqué veut dire que les disques arrivent en fin de vie.

5. Le moteur, à froid

Demandez au vendeur de ne pas démarrer la voiture avant votre arrivée. Un moteur chaud masque beaucoup de choses : un démarrage difficile, un bruit de chaîne, une fumée.

Capot ouvert, moteur coupé :

  • L’huile : tirez la jauge. Le niveau doit être entre les deux repères, et l’huile ne doit pas ressembler à de la mayonnaise.
  • Le liquide de refroidissement : il doit être propre. Des traces grasses à la surface peuvent signaler un joint de culasse fatigué.
  • Les fuites : regardez sous la voiture, et sur le sol où elle était garée.

Puis mettez le contact. Tous les voyants s’allument quelques secondes, puis s’éteignent. Un voyant qui reste allumé, ou qui ne s’allume jamais, mérite une question. Au démarrage, une fumée bleue indique que le moteur brûle de l’huile. Une fumée blanche qui persiste une fois le moteur chaud est mauvais signe.

6. La carrosserie, en pleine lumière

Faites le tour de la voiture de jour, jamais sous la pluie. L’eau cache les rayures et les différences de teinte.

  • Les écarts entre les éléments (portières, capot, coffre) doivent être réguliers des deux côtés.
  • La teinte : regardez chaque panneau en biais. Une aile un peu plus claire a été repeinte.
  • Les bas de caisse et les passages de roue : c’est là que la rouille commence.

Une réparation n’est pas un problème en soi. Une réparation que le vendeur ne mentionne pas, si.

7. L’essai sur route

Comptez vingt minutes au moins, en ville puis sur voie rapide. Coupez la radio.

  1. Embrayage : en 4e, à bas régime, accélérez franchement. Si le régime monte sans que la voiture accélère, l’embrayage patine.
  2. Boîte de vitesses : chaque rapport doit passer sans craquement.
  3. Freinage : sur une route dégagée, freinez fort. La voiture doit rester droite, sans vibration dans la pédale.
  4. Direction : lâchez légèrement le volant en ligne droite. La voiture ne doit pas tirer d’un côté.
  5. Suspensions : sur un dos-d’âne, écoutez. Un claquement sourd annonce des amortisseurs ou des silentblocs à changer.
  6. Équipements : climatisation, vitres, rétroviseurs, GPS. Tout ce qui est annoncé doit marcher.

8. L’entretien, le paiement et la signature

Demandez le carnet d’entretien et les factures. Cherchez en particulier le remplacement de la courroie de distribution : c’est souvent la plus grosse facture d’entretien, et son échéance figure dans le carnet du constructeur.

Pour payer, préférez un virement ou un chèque de banque. Appelez la banque qui a émis le chèque pour vérifier qu’il est authentique. Le jour de la vente, le vendeur vous remet :

  • la carte grise barrée, avec la mention « Vendu le… à… h », datée et signée ;
  • le certificat de cession (Cerfa n° 15776), rempli et signé par vous deux ;
  • le procès-verbal du contrôle technique ;
  • le certificat de non-gage de moins de 15 jours.

Vous avez ensuite un mois pour faire immatriculer la voiture à votre nom, en ligne sur le site de l’ANTS.

Le bon réflexe : si un point vous gêne, posez la question tout de suite. Un vendeur sérieux a une réponse. Un vendeur pressé, rarement.

Ce que Yann fait pour vous

Chaque véhicule du stock passe par ces huit étapes avant d’être mis en vente. L’historique et le kilométrage sont vérifiés, le contrôle technique est à jour, et Yann vous dit ce qu’il a vu, y compris ce qui est moins flatteur. Vous gardez évidemment le droit de tout revérifier.

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Photo d’en-tête : Philip Jeffrey — CC BY-SA 2.0, via Wikimedia Commons.